16 novembre 2007
Umibe no Kafuka
'Tu es assis au bord du monde,
et moi dans un cratère éteint.
Debout dans l'ombre de la porte,
il y a des mots qui ont perdu leurs lettres.
La lune éclaire un lézard endormi,
de petits poissons tombent du ciel.
Derrière la fenêtre il y a des soldats
résolus à mourir.
Kafka est au bord de la mer
assis sur un transat.
Il pense au pendule qui met le monde en mouvement.
Quand le cercle du coeur se referme,
l'ombre du Sphinx immobile se transforme en couteau
qui transperce les rêves.
Les doigts de la jeune noyée
cherchent la pierre de l'entrée.
Elle soulève le bord de sa robe d'azur
et regarde Kafka sur le rivage...'
Haruki Murakami,
Kafka sur le rivage
[Je lis beaucoup trop en ce moment... Ca m'empêche de manger, de bosser mes maths, de dormir... Mais c'est pas plus mal comme ça. Au pire, je retourne dans une période 'associable'. Bon au moins, on peut pas m'accuser de lire de la daube. Entre deux livres d'auteurs contemporains, je me plonge dans quelques romans 'classiques'. Et ça peut paraître carrément bizarre, mais je crois que j'y prends goût. Et dire que je suis en S, haha. Enfin, tout ça pour vous recommander cet auteur. Le passage de la nuit également à lire.
Bon et sinon... Semaine de merde à venir. Mmh... Une petite touche de soleil dans ce paysage froid, quand même ? Mouais, en attendant, encore une semaine de passée. C'est toujours ça de pris.
Bon week end. [Pour moi il sera de lecture, de musique, de neige ?... Ou plutôt, de fonctions dérivées et de solides ioniques ; vous choisiriez quoi ? ==' ]
22 septembre 2007
Ni d'Eve ni d'Adam

Ni d'Eve ni d'Adam
Amélie Nothomb
Ce passage correspond tellement au livre, et pas seulement l'allusion au titre...
"Eve au jardin ne parvint pas à cueillir le fruit désiré. Adam avait appris la galanterie qui alla lui en quérir une pleine cargaison et la regarda manger avec attendrissement. La nouvelle Eve, égoïste de son péché, ne lui en proposa même pas une bouchée."
Et surtout, les 2 dernières pages...c'est du fort.
"Alors il se passa une chose terrifiante.
Rinri me dit simplement :
'Je veux te donner l'étreinte fraternelle du samouraï.'
Ces mots eurent sur moi un pouvoir atroce. Moi qui avais tant de joie à revoir ce garçon, je fus soudain submergée par une émotion insupportable. Je me jetai dans ses bras pour cacher les larmes qui montaient. Il me serra, je le serrai.
Il avait trouvé les mots justes. Il avait mis plus de sept ans à les trouver, mais il n'était pas trop tard. Quand il me parlait d'amour, je m'en fichais parce que ce n'était pas le mot juste. Mais là, il venait de dire ce que j'avais vécu avec lui, je venais de comprendre. Et quand on me dit le mot juste, je deviens enfin capable de ressentir.
Et pendant cette étreinte qui dura dix secondes, j'éprouvai tout ce que j'aurais dû éprouver pendant toutes ces années.
Et ce fût atrocement fort, sept années d'émotions vécues en dix secondes. C'était donc celà, Rinri et moi : l'étreinte fraternelle du samouraï. Tellement plus beau et plus noble qu'une bête histoire d'amour.
Ensuite, chacun lâcha le corps de l'autre samouraï. Rinri eut le bon goût de partir aussitôt sans se retourner.
Je levai la tête vers le ciel afin que mes yeux ravalent leurs larmes.
J'étais le samouraï qui devait dédicacer pour la personne suivante."
* Quoi qu'en dise ma prof de français, je l'aime bien cette écrivain. Amélie Nothomb.
Je ne lis pas que des 'romans de gare' [même si j'avoue que je lis plus de bouquins à 3.50 et 70 pages que de Maupassant ou de Zola...] mais elle, elle... Elle est particulière. C'est pas un roman de gare pour moi. Elle a un prénom que j'adore déjà. Si si, c'est important. Et puis... Je nes sais pas spécialement bien expliquer. Celle que j'aurais aimé être dans une autre vie peut être. Donc, je vais en mettre jusqu'à vous en souler. Et sans ordre précis en plus. Tant pis pour vous. Lisez tout, vous comprendrez.
Et puis aussi... Joyeux anniversaire toi =)
16 juin 2007
Liberté ?
Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre.
Que nous nous sommes battus pour eux.
Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté
capable de se soumettre au plus offrant.
Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes,
et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner,
qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte
sans jamais espérer la garder dans son lit.
Dis-leur toi, dis-leur de raconter tout cela de ma part,
avec leurs mots à eux, ceux de leur époque.
Les miens ne sont faits que des accents de mon pays,
du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.
Marc Lévy,
Les enfants de la liberté
Tsss tsss... J'ai flashé sur la couverture et le résumé.
Un beau livre sur la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale.
[En fait, ayant déjà lu ' Et si c'était vrai...' du même auteur,
je m'attendais à un récit plus contemporain.
Mais en fait c'est pas grave du tout...
Un peu d'Histoire ça peut pas faire de mal
Un avis ?